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Le Kalon'ny Fahiny ••• Un genre qui s'apprécie à l'écoute •••
Salegy, basesy, batrelaka, hira gasy, vakisaova, Kalon'ny Fahiny... quelques exemples des genres musicaux malgaches. Bien que leur origine et leur rythme diffèrent, ils appartiennent tous au Patrimoine Artistique Malgache. Si le rythme du salegy vous entraîne à danser, le Kalon'ny fahiny plus mélodique s'apprécie à l'écoute.
Devenir auteur-compositeur célèbre pendant la première moitié du XXe siècle, c'était également faire partie d'une compagnie théâtrale. Le théâtre malgache inspiré de l'opérette connaissait, durant cette période, son âge d'or et les compositions des maestros de l'époque avaient un succès fou auprès du public, au même titre que les pièces classiques malgaches.
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La chanson théâtrale malgache, comme les comédiens aiment la qualifier, ou le Kalon'ny fahiny, littéralement la chanson d'antan pour les contemporains, puise son origine dans le style musical traditionnel malgache. Celui qu'on a chanté habituellement à la Cour royale. La musique a également animé, jadis, les manifestations populaires. La seule différence réside dans l'arrangement des chansons avec du piano, et autres instruments venus de l'Occident. Le savoir-faire extraordinaire des auteurs-compositeurs de la première moitié du XXe siècle a donné une originalité à leurs œuvres. Des œuvres qui ont façonnées le théâtre malgache, s'apparentant à l'opérette et dont l'apogée correspond justement à cette période.
Construit en 1899 pour offrir une salle de spectacle digne de ce nom, à l'exemple de ce qu'il y avait en France, le Théâtre Municipal d'Ambatovinaky avait comme raison d'être la vulgarisation de la culture française, donc celle des colonisateurs. Quelques années plus tard, c'était plutôt les œuvres des écrivains, des auteurs et des compositeurs malgaches qui y ont pris le devant. En effet, il fallait, à l'époque, satisfaire la demande du public qui réclamait des pièces bien malgaches jouées par des comédiens locaux. Pendant la première guerre mondiale, diverses manifestations destinées à collecter des fonds pour le soutien des soldats malgaches envoyés au front afin de défendre l'honneur de la France ont été organisées à travers la Grande île. C'était à cette occasion que les noms de Naka Rabemanantsoa, d'Andrianary Ratianarivo ou encore de Justin Rajoro étaient sortis du lot. Ces musiciens hors pair avaient un point commun : "Ils avaient tous la musique dans le
sang.
"Repères historiques
1821-1822: des malgaches sont envoyés à Maurice et en Angleterre pour "apprendre la musique".
1824: arrivée du premier piano.
1869: le Rév. James Richardson enseigne le "sol-fa".
1899: inauguration du Théatre Municipal d'Ambatovinaky.
1900-1950: développement des Troupes de Théatre et des "Opérettes" malgaches. Trois compositeurs et directeurs de théatre dominèrent la scène: Justin RAJORO (Troupe Telonohorefy), Naka RABEMANANTSOA (Troupe Analamanga) et Andrianary RATIANARIVO (Troupe Jeannette).
1969: l'ATAUM (Association Théatrale et Artistique des Universitaires de Madagascar) lança du campus d'Ambohitsaina les Chansons malgaches de Jadis et Naguère.
1989, quelques anciens de l'ATAUM fondèrent le groupe SOLIKA.
1997: Mbosa RABENASOLO définit la structure du Kalon'ny fahiny (Chants de Jadis et Naguère).
Structure du Kalon'ny fahiny
C'est l'introduction de l'harmonium et du piano qui a réellement influencé et fixé la structure du Kalon'ny fahiny. Toutes les mesures classiques sont utilisées, mais en suivant le typique bà gasy, avec une référence particulière à la mesure composée dite 5 7/8 où l'accent diatonique intervient après avoir compté 5. L'échelle chromatique est utilisée. Toutes les tonalités sont aussi utilisées avec la préférence pour les clefs à demi-ton (C#, F#, Db, Eb, Ab). En général, ce sont les trois accords majeurs C, F, G qui sont employés même si des accords mineurs apparaissent parfois. La 1ère voix ou soprano et la 2ème voix ou alto donnent et mènent la mélodie. Le ténor enjolive le chant tandis que la basse marque le rythme et agrémente les chœurs de ses tirades en solo
typiques.
L'angola (style)
C'est par l'"angola", style typique du Kalon'ny fahiny, que le chanteur et le musicien se ressentent dans le chant et se l'approprient. Il s'exprime par des rajouts en douceur de " ô, ê, â " à la fin des phrases musicales, en ajoutant une seconde voix au ténor, en "allongeant" le début de la ligne (on va à la "rencontre de la mélodie" ou on l'intercepte). Et surtout, on utilise des contre-temps typiques des Kalon'ny fahiny. Il faut également noter la manière de jouer le piano, "la frappe de piano à la malgache", qui se distingue par les introductions et par le jeu de la main gauche qui n'accompagne pas uniquement mais "chante"
aussi..
Les textes
Véritables chefs-d'œuvre littéraires pour apprécier et étudier la Langue Malgache, les textes sont basés sur les Hainteny (figures littéraires malgaches), les Proverbes des Anciens et sont des œuvres d'écrivains et poètes de renom, poèmes à part entière ou extraits de pièces de théatre...
Source:
The Phoenix Magazine Madagasikara
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